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Exposition Oh la Vache ! à la Milk Factory

Jean-Baptiste Mondino expose du 17 février au 28 avril 2012,

Le
Exposition Oh la Vache ! à la Milk Factory

Voilà bien une vache qui aurait méritée d’être à l’Affiche du Salon de l’Agriculture. Une vache qui s’est laissée tirer le portrait par le très célèbre réalisateur/photographe Jean-Baptiste Mondino. Un honneur pour Hermione (c’est le prénom de la vache) qui va en faire pâlir plus d’une dans les vertes prairies.

21 clichés originellement réalisés pour l’Hotel Hudson à New-York (re-designé par son ami Philippe Starck) et montrés en exclusivité à la Milk Factory.

De pied ou plus exactement de sabot, en portraits, de trois-quarts, Hermione s’est prêtée aux jeux de Jean-Baptiste Mondino, se laissant même coiffer de jolis couvre-chefs de couture signés Mugler, Marie Mercié…et autres célèbres griffes.

Dans cette série de 21 photos rien n’est dû au hasard : le traitement en noir et blanc, l’allure statique de l’animal,  le côté graphique des bibis et de la robe du bovin… Des éléments qui sont la signature de Mondino et qui permettent aux aficionados du photographe de reconnaître tout de suite son travail, sa patte !

Des photos chics, ultra léchées, avec un petit côté rock et pleines d’humour  pour une exposition en l’honneur de la beauté naturelle d’Hermione.

L’exposition Oh la vache ! est l’occasion pour les parisiens de se confronter à un véritable troupeau, signé Mondino, rare occasion à plus d’un titre.

En savoir plus sur Jean-Baptiste Mondino

Jean-Baptiste Mondino,  réalisateur de clips et photographe ,  est connu et reconnu pour ses créations et ses fréquentes collaborations avec Madonna, Les Rita Mitsouko , Vanessa Paradis, et bien d'autres célébrités. Il a également réalisé de nombreux films publicitaires pour de très célèbres marques de cosmétiques et signe très régulièrement les séries modes de magazines féminins.
Jean-Baptiste Mondino est représenté par la Galerie M+B – Los Angeles.
www.mbart.com

En savoir plus sur la vache Hermione

« Une journée particulière » ou la petite histoire d’Hermione ! 

C’était il y a plusieurs années. J’étais jeune, jolie, insouciante.
Je vivais dans une ferme en Normandie, entourée de mes copines les vaches et de divers animaux, chevaux, poules, cochons, hirondelles, avec lesquels j’entretenais des rapports de bon voisinage. Les uns et les autres disparaissaient brièvement, le temps de figurer dans un film ou de s’afficher en photo dans un magazine. Nous étions tous là pour ça. Certains revenaient plus ou moins troublés par leur escapade professionnelle, d’autres étaient totalement exaltés par leur quart d’heure de célébrité. On ne parlait que de ça dans la ferme.

Puis un jour ce fut mon tour. Un homme est venu nous dévisager l’une après l’autre dans le pâturage où nous broutions tranquillement, Calypso, Duchesse, Vénus, Proserpine, Opéra et moi-même. Il nous photographia, mesura nos têtes et nota plein de choses sur un petit calepin. Diantre, que fomentait-il ?

Plus tard, j’appris que le « casting » avait plu et que j’avais été sélectionnée. Etait-ce la couleur de ma robe ? Mes jolies oreilles dont je suis plutôt fière ? Ou mon allure générale ? Je dois l’avouer, j’étais flattée.

J’ai déchanté le jour où le « dresseur » est arrivé dans mon étable. Sortie de ma semi pénombre et projetée dans le soleil de la cour de ferme, il me fit tourner, avancer, reculer, et horreur, me coiffa d’un seau en plastique qu’il tenta de faire tenir sur mes cornes en croissant tandis que je devais rester immobile !

Il répéta ce petit jeu très ennuyeux pendant une dizaine de jours, jusqu’à ce que le seau tienne parfaitement sur ma tête sans que je l’envoie balader d’un énième mouvement agacé. J’étais la risée de la ferme.

Le lendemain, mon éleveur me fit plus belle encore qu’à l’accoutumée, me brossa le pelage et les naseaux, et me présenta à un homme en gris et noir, plus directif que les autres et entouré d’un petit groupe de gens. Il me regarda droit dans les yeux avec beaucoup de douceur, un peu d’appréhension et j’eus immédiatement envie de lui plaire. Il semblait très excité par notre rencontre et m’emmena immédiatement dans le champ voisin où régnait une animation folle. Mes copines ne faisaient pas partie de la fête, j’étais seule avec mon éleveur adoré, le dresseur dont je me serais bien passé et d’autres olibrius qui s’agitaient avec des caméras et des sacs pleins de chapeaux de toutes sortes.

On m’installa dans un certain axe et on me mit le premier chapeau sur la tête. Je l’aimais beaucoup, il était en paille, avec des pâquerettes qui virevoltaient quand je bougeais. Oui mais justement, je devais rester immobile, tandis que mon éleveur et le dresseur, placés « hors champ », me maintenaient dans la position voulue avec de grands bâtons. Dès que je me mettais en biais pour montrer mon meilleur profil, comme je l’avais vu faire par d’autres, l’homme en gris et noir s’énervait. Je suis d’un naturel très calme et très placide, je ne comprenais pas toute cette nervosité. Mais, bonne fille, je reprenais la pose en tournant lentement, pendant que toute l’« équipe » m’attendait. Il m’a semblé que l’homme en gris et noir était habitué à ce genre de situation. Il avait dû en voir d’autres … Il me parlait gentiment, me complimentait, faisait rire tout le monde et clac ! il prenait une photo.

Et là, soudain, je l’ai vu devenir fou ! Il n’avait pas remarqué la dizaine de mouches qui tournoyaient sans cesse autour de mon mufle humide. Jamais sans doute cela ne s’était passé avec ses autres modèles ! Il n’avait pas prévu non plus ce qui est dans la nature des choses : nous, braves ruminants, et bien nous ruminons la plupart du temps … J’essayais de faire de mon mieux mais les photos étaient floues et les mouches omni présentes !

Le photographe ne pouvait s’arracher les cheveux de la tête car il n’en avait plus et cherchait une solution à cette situation rocambolesque lorsqu’il se mit à compter le nombre de fois où je ruminais consciencieusement en tournant mon mufle dans tous les sens, avant d’avaler ma touffe d’herbe.

Observateur, il remarqua que j’avais un rythme régulier de mastication et de déglutition et profita du moment où j’avalais pour agir. Mon visage était alors immobile et il suffisait d’éloigner les mouches au même moment pour pouvoir prendre la photo. A partir de là, tout me sembla se passer sans encombres, au milieu d’une franche rigolade et de petits cris d’enthousiasme du groupe, ponctués de « ma chérie, tu es magnifique ! » lancés par le « styliste » qui sélectionnait les couvre-chefs.

Je commençais malgré tout à en avoir assez ! Qu’on ne vienne pas me dire que le mannequinat est un métier facile ! J’ai compris ce jour-là la difficulté d’être modèle. J’ai passé des heures sous un soleil de plomb, coiffée de chapeaux plus ou moins ridicules, sans pouvoir fermer les yeux ou ruminer en paix, pour satisfaire une bande de gens hystériques et finir accrochée aux murs d’un hôtel new yorkais dessiné par un certain Philippe Starck qu’on ne connaît même pas chez nous. Encore heureux que le photographe n’ait pas essayé pas de me draguer … quoique …


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